🔍 Regard d’expert : La stratégie RSE au cœur de la transformation de l’hôtellerie par Etienne Faguer, co-fondateur en charge des Investissements et du Développement.

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« La performance RSE est devenue un levier structurant de notre stratégie et de nos investissements. »
Depuis 2019, le groupe intègre les exigences réglementaires et les standards de labellisation au cœur de son modèle : pilotage des consommations, label Clef Verte et intégration des critères extra-financiers dans les décisions d’acquisition.
1/ Quelle est la génése de la politique RSE au sein du groupe ATYPIO, depuis le lancement de son activité hôtelière en 2019 ?
Au-delà de toute conscience morale et sensibilité personnelle que l’on peut avoir sur la question du RSE et de ses trois piliers, environnement, social et gouvernance, notre corporation est contrainte par un cadre législatif et engagée sur la trajectoire du décret tertiaire, obligation réglementaire française issue de la loi ELAN, qui fixe des objectifs très concrets, de sobriété et de réduction de l’empreinte environnementale des acteurs économiques, mais également de transparence et mise en place d’un suivi obligatoire des consommations.
Acteur émergent sur le segment de l’hôtellerie, nous devions nous inscrire rapidement dans cette trajectoire et mettre en place des outils et actions pour nous y conformer. Sur le volet social, la pandémie Covid a impacté concrètement plusieurs secteurs dont l’hôtellerie et la restauration, ce qui nous a amener à totalement repenser les métiers de l’hôtellerie pour être attractif, identifier, recruter et fidéliser des profils intéressants.

2/ Comment avez-vous intégré la dimension RSE au sein de votre organisation ?
Ayant lancé notre activité en 2019, avec des premières acquisitions intervenues pendant la période Covid, il nous paraissait plus judicieux, pertinent et rapide, de nous appuyer sur l’expertise d’acteurs reconnus, intervenants sur ces enjeux. C’est ainsi que nous avons noué des partenariats avec Fairmoove solutions pour définir et mettre en place les outils de suivi de nos plans d’actions, mais également Take A Waste pour suivre et optimiser la consommation des déchets. Ces partenariats impliquent également du coaching individualisé et la formation de nos équipes pour monter en compétence, avec des ambassadeurs RSE dans chacun de nos hôtels. A terme, nous avons pour ambition d’internaliser la fonction pour gagner en efficience et piloter nos plans d’actions avec une vision transverse et technique par rapport aux capex à engager pour atteindre nos objectifs de sobriété et d’efficience.

3/ Pouvez-vous nous partager quelques résultats concrets obtenus à date et préciser la trajectoire sur laquelle vous vous inscrivez ?
Avec notre partenaire Fairmoove, et grâce au pilotage de nos plans d’actions, nous pouvons suivre les évolutions de chaque établissement au travers de la mise à jour annuelle de l’étiquette environnementale. Ce certificat, permet de mesurer l’impact environnemental de chaque hôtel sur 4 critères intégrant une approche cycle de vie : Effet de serre (émission de CO2), consommation d’eau en cycle de vie, épuisement des ressources énergétiques (consommation en Kwh) et % de produits biologiques et écolabellisés introduits dans notre offre de restauration.
Nous avons également fait labelliser nos 41 établissements en Clef Verte, premier label de tourisme durable international pour les hébergements et la restauration. Cette démarche volontaire nous engage également dans une trajectoire d’efficience environnementale et de mise en place de plans d’actions ambitieux, avec un label exigeant dont les critères sont renforcés à chaque fenêtre de renouvellement.
4/ Comment son définis vos plans d’actions et comment en mesurez-vous l’efficacité ?
Nos plans d’actions sont définis selon 3 axes principaux et suivis dans notre logiciel de gestion de projets Monday :
1/ Les actions ciblées faisant suite à l’audit effectué en 2024 et recouvrant plusieurs thématiques (énergie, eau, déchets, achats…),
2/ Les actions propres au Label Clef Verte,
3/ Les actions spécifiques identifiées et portées par chaque établissement et ses référents.
Dans Monday nous pouvons voir si les actions sont en cours/ bloquées/ finalisées, ce qui permet à notre organisation du terrain au siège, encadrés et suivis par nos consultants externes dédiés, de suivre les évolutions de l’établissement sur l’année. La plateforme Take A Waste, permet aussi de voir si les établissements trient correctement leurs déchets, si la répartition entre tout venant/ papier-carton est cohérente, par exemple.
5) Intégrez-vous les critères extra-financiers dans vos analyses M&A au moment des acquisitions et comment voyez-vous l’intégration de ces critères dans l’accès aux ressources financières ?
Notre groupe est majoritairement positionné sur le segment de marché 4* qui est encore assez préservé, avec des actifs correctement entretenus et des plans de capex réguliers. C’est toutefois une préoccupation majeure pour nous qui nous concentrons sur les établissements déjà labellisés et demandons systématiquement le DPE de l’établissement lors de chaque acquisition, avec environ 20% de notre plan de capex consacré à l’amélioration ou au remplacement d’éléments techniques (chaufferie, climatisation, isolation, étanchéité…). A date, nous ne ressentons pas de contrainte à l’accès aux ressources financières sur la base de critères extra-financiers, même si de plus de fonds d’investissements ou de banques, s’emparent du sujet, déterminent des grilles de suivi ESG et sont attentifs aux labels notamment et à l’efficacité énergétique des bâtiments. Nous nous y préparons et le cadre légal nous permet de calibrer nos efforts pour être au rendez-vous.